Mawlid Nabawi : tradition ou contradiction ?
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux,
La meilleure parole est celle d’Allah et la meilleure guidée, celle du Prophète (sa).
Les pires oeuvres dans la religion sont les choses inventées, et toute chose inventée est une innovation et toute innovation est égarement !
À l’approche du douzième jour du mois de Rabî’ al-Awwal, les fidèles s’emplissent de ferveur, ils sont mus par une certaine allégresse, les cœurs s’émeuvent et s’embrasent au souvenir de ce noble Prophète (sa), on se prépare à commémorer la naissance du dernier des messagers (sa). Pour les plus raisonnables d’entre eux, il s’agira d’exhortations, de chants, de poésies pour décrire l’homme admirable qu’il était et lui rendre hommage. D’autres, plus extravagants, prendront le chemin de la mosquée ou celui d’une place apprêtée pour la fête, décorée, illuminée, où ils attendront les festivités annoncées pour la nuit : buffet garni, chants, rappels, histoires, musique, danse… Cette date est donc attendue avec impatience pour le symbole qu’elle représente mais qu’en est-il réellement de son statut dans la Législation islamique ?
1. La religion de Dieu est complète
Tout d’abord, il nous faut comprendre que la religion envoyée au Prophète (sa) est complète et parfaite, elle ne souffre d’aucun manquement et n’accepte pas la réforme, Allah dit : {Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection, Je vous ai accordé Ma grâce tout entière et J’ai agréé l’islam pour vous comme religion !} (5 : 3) At-Tabarâni rapporte dans son « Mu’jam al-Kabîr » d’après le hadith d’Abû Dharr al-Ghifâri (ra) que le Prophète (sa) a stipulé : « Il n’y a pas d’acte qui rapproche du Paradis et éloigne de l’Enfer qui ne vous ait été clairement exposé. » Ce qui signifie que rien n’a été omis et que toutes les voies qui permettent de se rapprocher d’Allah, d’accéder au Paradis, de repousser les affres de l’Enfer, nous ont été présentées, expliquées et proposées, il nous suffit de les emprunter. Ibn Mâjishûn a dit par ailleurs : « J’ai entendu l’imam Mâlik dire : ‘Quiconque innove par un acte dans l’islam qu’il considère comme une bonne chose a certes prétendu que Muhammad (sa) a trahi le Message, car Allah dit : {Aujourd’hui, J’ai amené votre religion à son point de perfection}, en conséquence tout ce qui ne faisait pas partie de la religion à l’époque, n’en fera pas partie aujourd’hui.’» Aussi, l’imam ash-Shawkâni a réfuté les propos de certains innovateurs très finement en expliquant : « Si Allah a parachevé la religion avant de rappeler à Lui Son Prophète (sa), que peut donc bien être cet avis sur lequel s’acharnent ses partisans après qu’Allah ait amené la religion à son point de perfection ? Si, selon eux, cette nouveauté rentre dans le cadre de la religion, ils insinuent par là que la religion n’aura été parachevée qu’avec cette directive de leur part, or cette pensée contredit totalement le Coran. Si, au contraire, ils pensent que cet acte ne fait pas partie de la religion, où en est l’utilité ? » En clair, où est l’utilité de faire un acte qui n’a rien à voir avec la religion puisque le but de l’homme doit être d’adorer Allah en toute exclusivité ?
En outre, légiférer est un droit exclusif d’Allah, personne n’est en droit de légiférer dans la religion Lui excepté, car légiférer c’est instituer une norme, donner un jugement, permettre ou interdire, et qui est plus sage que le plus Sage des sages, qui est plus apte à juger que le Juge des juges ? Ainsi, instituer quelque chose dans la religion qui n’a pas de fondement correct et de base saine est à rejeter et sera considéré comme nul, conformément à la parole du Prophète (sa) : « Quiconque innove dans notre affaire verra son acte rejeté. » (al-Bukhâri, Muslim)
En partant de ce postulat, on peut se poser la question suivante : quelle est notre marche de manœuvre et dans quelle mesure peut-on sortir du cadre prédéfini par la religion ?
Toutes les sources authentiques, qu’il s’agisse du Coran ou de la Sunna, affirment et témoignent qu’il n’est pas permis d’instituer un acte sensé rapprocher d’Allah sans preuve. D’ailleurs, le raisonnement logique et la saine réflexion l’attestent de surcroit, puisqu’il n’est pas concevable qu’Allah envoie un message par l’intermédiaire de messagers pour qu’ensuite chacun fasse comme bon lui semble. À partir de là, on comprend que dans le champ de l’adoration la règle est l’interdiction tant qu’il n’y a pas une preuve de l’autorisation, à l’inverse, dans le champ des relations sociales et des habitudes, la règle est la permission tant qu’il n’y a pas de preuve de l’interdiction.
Au-delà du fait que le Prophète (sa) lui-même n’a jamais institué cette fête, qu’il ne l’a pas même évoqué comme une forme de rappel, et, pourtant, Dieu sait que de nombreux hadiths nous montrent comment lui rendre hommage, comme le fait d’appliquer sa Sunna, de prier sur lui, etc., ni les nobles Compagnons ni leurs successeurs ou leurs enfants n’ont pensé à faire un tel acte.
2. Est-ce que les plus ardents en l’amour du Prophète (sa) l’ont fait ?
Alors, certains diront : « Mais qu’est-ce qui nous oblige à les suivre dans tout et à ne jamais faire ce qu’ils n’ont pas fait ? » Répondons que, premièrement, c’est une obligation pour tout croyant de les suivre. Allah dit, au sujet de ceux qui se détachent de la voie des croyants, c’est-à-dire, en premier lieu, le chemin des Compagnons : {Mais celui qui se détache volontairement du Prophète, après avoir eu connaissance de la Voie du salut, pour suivre un chemin autre que celui des croyants, celui-là Nous l’abandonnerons au destin qu’il s’est choisi et Nous le précipiterons ensuite dans la Géhenne, pour qu’il y subisse son triste sort.} (4 : 115) Puis, dans un autre verset, Allah, exalté soit-Il, décrit les gens qui suivent cette voie : {Quant aux émigrés et aux auxiliaires qui ont été les premiers à se joindre au Prophète et à l’accueillir, ainsi que ceux qui les ont suivis dans un élan sincère, Dieu est Satisfait d’eux comme ils seront satisfaits de Ses faveurs, car Il a préparé à leur intention des Jardins sous lesquels coulent des ruisseaux et où leur séjour sera éternel. Et ce sera pour eux le comble de la félicité.} (9 : 100), et les Émigrés (al-Muhâjirin) comme les Auxiliaires (al-Ansâr) ne sont autres que des Compagnons du Prophète (sa) et quels compagnons ! Ainsi, ceux qui les suivent de la bonne manière {qui les ont suivis dans un élan sincère} seront englobés par la parole {Dieu est Satisfait d’eux comme ils seront satisfaits de Ses faveurs}. De plus, le Prophète (sa) a recommandé de suivre leurs pas, on rapporte qu’il a fait une exhortation poignante à ses compagnons dans laquelle il recommande : « Quiconque, d’entre vous, vivra après moi, verra de multiples désaccords, suivez-donc ma Tradition (Sunna) ainsi que celle des Califes Bien-guidés, accrochez-vous y de toutes vos forces et prenez garde aux nouveautés forgées, car toute nouveauté (dans la religion) est innovation, et toute innovation est égarement, et tout égarement mène au Feu. » En somme, tout converge vers l’idée de suivre sans ajouter quoi que ce soit, et c’est l’avis du Consensus et de l’ensemble des savants de la Sunna.
En vérité, il nous suffirait, pour juger de la question, de voir que personne, parmi les hommes et les femmes les plus chers au cœur de notre Prophète (sa) qu’Allah a mentionné dans Son Livre Saint et dont Il fait l’éloge, n’a jamais pensé célébrer un anniversaire en l’honneur du Prophète (sa). Et qui peut prétendre aimer le Prophète plus que ses femmes, ou que Abû Bakr (ra), ou ‘Umar (ra) qui dit au Prophète (sa), alors que celui-ci lui tient la main par affection : « Ô Messager d’Allah ! Tu m’es plus cher que toute autre chose, excepté ma propre personne. » Et le Prophète (sa) de lui répondre : « Non ! Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, pas tant que je ne te serais plus cher que ta propre personne. » À l’écoute de ces paroles, ‘Umar n’hésita pas une seconde et, reconsidérant les choses, déclara : « Maintenant, par Allah, tu m’es plus cher que moi-même ! » Le Messager (sa) conclut donc : « Là tu as compris, ô ‘Umar ! » (al-Bukhâri). Comme le dit Ibn Hajar dans son commentaire, le « non » du Prophète (sa) signifie : « si tu veux atteindre les plus hauts degrés de foi, et surpasser tout le monde, cela n’est pas encore suffisant. » Si ‘Umar a fait exception de lui-même, c’est parce qu’il était sincère, cependant, il n’avait pas encore bien considéré la différence qui existe entre, d’une part, l’amour naturel de l’homme pour lui-même et, d’autre part, l’amour dont il peut faire preuve envers les autres quand il fait abstraction de ses propres désirs et passions. Mais en réfléchissant bien, il comprit, au final, qu’il était capable de donner sa vie pour le Prophète (sa) et que ceci était un gage de son amour pour le Prophète (sa) et que cet amour dépassait de loin son amour pour sa propre personne.
Et que personne ne vienne dire : « Mais le Prophète (sa) était tellement humble qu’il n’allait pas fêter sa propre naissance ! » car ce serait un mensonge puisque aucun compagnon n’a transmis cela et le rôle du Prophète (sa) était de ne rien cacher et de transmettre la religion en l’état, tel qu’il la recevait de l’ange Jibrîl (as). Dans de nombreux versets, Allah a montré que le rôle premier de Son Envoyé (sa) est de communiquer le message dans son intégralité : {Ô Prophète ! Communique ce que ton Seigneur t’a révélé ! Si tu négliges de le faire, tu auras failli à ta mission ! Dieu te protégera des hommes, mais Dieu ne guidera jamais les négateurs.} (5 : 67)
{S’ils te contredisent, dis-leur : « Je me soumets à Dieu, moi et ceux qui me suivent.» Après quoi, demande à ceux qui ont reçu l’Écriture et aux non-initiés : « Et vous? êtes-vous soumis à Dieu ? » S’ils se déclarent soumis à Dieu, c’est qu’ils ont pris la bonne voie, mais s’ils s’en détournent, rappelle-toi que ton rôle se limite à transmettre le Message. Dieu observe constamment Ses serviteurs.} (3 : 20)
{Dis-leur : « Obéissez à Dieu, obéissez au Prophète ! » S’ils refusent d’obéir, le Prophète aura, au moins, assumé sa responsabilité. À vous d’assumer la vôtre ! Si vous lui obéissez, vous serez bien guidés. La mission du Prophète consiste uniquement à vous transmettre le Message en toute clarté.} (24 : 54)
D’ailleurs, si l’humilité était une excuse alors pourquoi a-t-il blâmé sévèrement les trois hommes qui avaient sous-estimé ses actes d’adoration et qui s’imaginaient pouvoir faire mieux que lui. Ils pensaient, à tort, qu’étant donné le privilège qu’Allah lui avait accordé, en lui pardonnant d’emblée ses fautes antérieures et ultérieures, ils devaient faire mieux que le Messager d’Allah (sa). Ainsi, l’un d’eux avait dit : « Je jeûnerai tous les jours sans interruption », l’autre : « Je prierai mes nuits entières » et le troisième : « Je ferai vœu de chasteté ». Mis au fait, le Prophète (sa) réunit les gens et leur adressa une réprimande : « Par Allah ! Je suis le plus soumis à Dieu et le plus pieux d’entre vous, pourtant un jour je jeûne et un autre je romps le jeûne, je prie une partie de la nuit et je dors une autre partie, et je me marie aux femmes. Ainsi, quiconque ne suit pas ma Tradition (Sunna), ne fait pas partie des miens. » (al-Bukhâri) Et lorsqu’il dit cela, ce n’est pas par manque d’humilité mais pour enseigner aux gens la ligne de conduite qu’ils doivent suivre.
3. L’adoration est soumise à des règles strictes
Ensuite, il n’est possible d’adorer Allah que par une voie légiférée, mais admettons que célébrer la naissance du Prophète ne soit pas une adoration, nous disons : « en quoi cette réunion en ce jour est-elle utile ? Se rappeler du Prophète ? Ne faisons-nous pas déjà la prière comme lui au minimum cinq fois par jour ? Sans compter les ablutions, la mosquée, le dhikr, etc. N’est-ce pas largement suffisant pour se souvenir de lui perpétuellement.
Pour se réunir ? La mosquée est désignée par le terme Jâmi’ en arabe, dont la racine « Jim » « Mim » « ‘Ayn » évoque l’idée de « réunion », tout comme le jour du vendredi « Jumu’a », les fêtes de l’aid permettent déjà de se réunir, la consultation entre les musulmans, les mariages et les repas de noces, etc. ce qui revient à dire que le Mawlid ne remplit en rien la fonction qui pourrait lui être attribuée.
Venons-en maintenant au point crucial, est-ce que le Mawlid est une adoration ?
Pour répondre à la question, il faut avant tout comprendre ce que signifie une adoration et connaitre la place qu’elle occupe dans la religion pure.
Le mot « adoration » est un terme global qui désigne tout ce que Allah peut aimer et agréer comme faits et gestes, qu’ils soient dissimulés ou apparents. Elle sera acceptée sous deux conditions : l’exclusivité pour Allah et la conformité à la voie prophétique, et tout ce qui sort de ce cadre doit être rejeté. Les adorations peuvent donc être effectuées par les membres du corps, dans ce cas, on parle d’adoration apparente, comme la prière, le jeûne, le pèlerinage, l’aumône, l’invocation, la circumambulation (Tawâf – tourner autour d’un sanctuaire comme la Ka’ba), le sacrifice, la prosternation, les fêtes…. etc. On distingue également les adorations imperceptibles, il s’agit alors de l’adoration qui émane du cœur comme l’amour, la crainte, l’espoir, la confiance en Allah, la certitude, la demande d’assistance ou de secours, la vénération, l’obéissance, etc. En somme, la religion n’est faite que d’adoration et c’est le but ultime du message de tous les Prophètes, que l’adoration soit tournée exclusivement vers Celui qui la mérite réellement, le Seigneur des Mondes.
Le Mawlid n’est autre qu’une célébration, or la notion de fête est liée à l’adoration, et nul doute que ses ambassadeurs ne célèbrent le Mawlid que par amour et vénération pour le Prophète (sa). L’amour du Prophète, effectivement, est une chose louable, plus encore, c’est un devoir et une obligation pour le croyant. De fait, plus l’amour du Prophète (sa) grandit dans le cœur du croyant, plus sa foi augmente. Cet amour est inconditionnel et devrait surpasser n’importe quel amour sauf l’amour voué à Allah, c’est la raison pour laquelle le Messager d’Allah (sa) a dit : « Aucun d’entre vous ne sera véritablement croyant tant que je ne serais pas plus cher à son cœur que son père et son enfant » (al-Bukhari) et an-Nasâ’i a rapporté ce rajout « et l’ensemble des gens ».
En vérité, l’amour voué aux prophètes découle directement de l’amour à Allah de sorte qu’il est encadré et dirigé par les recommandations d’Allah, autrement, il s’exprimera faussement et donnera lieu à l’exagération. Comprenons que l’amour ne justifie pas les débordements, et tout être sensé admettra qu’on ne prétendre aimer quelqu’un sans soucier de ce qui lui plait ou lui déplait. C’est pourquoi Allah nous exhorte en s’adressant à Son Messager (sa) : {Dis-leur : «Si vous aimez Dieu réellement, suivez-moi et Dieu vous aimera et vous pardonnera vos péchés. Dieu est Indulgent et Miséricordieux.»} (3 : 31)
4. Des nombreuses contradictions
a. Le jour de la naissance du Prophète est inconnu
Quand vous regardez n’importe quel personnage dont l’histoire garde une trace, vous verrez que bien souvent la date de naissance est donnée approximativement voire est inconnue car jusqu’à un passé même récent les naissances n’étaient pas toujours recensées précisément. Mais à l’évidence, lorsqu’un personne était appréciée ou s’illustrait dans un domaine quelconque, tous donnaient de l’importance au moment de sa mort. Et ce fut exactement le cas de notre Prophète (sa), le jour de sa naissance est sujet à de nombreuses suppositions et tergiversations alors que le jour de sa mort est bien identifié.
Ainsi, comment voulez-vous fêter la naissance de quelqu’un dont on ne connait pas la date de naissance ?
b. Le calendrier musulman
L’écoulement du temps est d’une importance capitale dans l’islam. Allah a maintes fois évoqué le temps qui passe dans le Coran, à différentes échelles et à différentes fins, notamment pour attirer notre attention sur le fait que le temps passe et que les actes s’inscrivent, ainsi plus le temps avance plus tu te rapproches inévitablement du rendez-vous avec ton Seigneur, demandez aux étudiants comment se sentent-ils à l’approche des examens ? Vous saurez alors comment vous devez vous sentir à l’approche de la mort et de la Rencontre.
Donc le temps est le véritable capital du croyant, il est son allié ou son ennemi, selon la manière qu’il choisit de l’occuper, à bon escient ou à mauvais escient. Ainsi, tous les actes d’adorations sont conditionnés par un temps bien défini et mesuré. La prière doit être impérativement accomplie dans l’intervalle de temps qui lui est imparti. Le jeûne du Ramadan doit être fait pendant le mois du Ramadan, le pèlerinage s’effectue durant une saison déterminée.
Et comment peut-on définir le début du Ramadan, du pèlerinage et des autres actes si ce n’est par le calendrier, or, il est intéressant de remarquer que ce n’est pas le jour de naissance du Prophète que le calendrier musulman prend pour référence, mais plutôt le moment fatidique de l’émigration (Hijra), l’hégire du Prophète (sa) et de ses compagnons de la Mecque à Médine.
c. Sucreries et gâteaux
Réfléchissons un instant : la célébration du Mawlid se fait souvent autour d’un buffet constitué de gâteaux, de bonbons, de viandes, de plats en tous genres.
Le repas festif n’est pas interdit en soi, il est même recommandé à certaines occasions comme pour le repas de noces. On me dira : « c’est dans cet esprit que s’inscrit le repas à l’occasion du Mawlid. » Très bien. Seulement, même dans les repas de fête, l’excès et le gaspillage est intolérable. Supposons donc que le repas du Mawlid suive les préceptes de la Sunna, c’est-à-dire qu’il soit frugal et léger, il n’en reste pas moins qu’il est censé commémorer la venue du Prophète (sa), or, n’est-ce pas une nouvelle fois contradictoire quand on sait que le Prophète (sa) a vécu une vie d’acète ? Il jeûnait le jour, priait la nuit. Il gérait les affaires des musulmans, dépensait son énergie pour les indigents et les nécessiteux, donnait en aumône de ses biens, vivait des temps de disette sans pouvoir nourrir ses femmes, se contentant de peu, se sacrifiant nuit et jour. En quoi donc ces gens-là, qui font la fête, chantent, peut-être même dansent sur de la musique, femmes et hommes confondus, sans se soucier de personne, ni du pauvre, ni du voisin, commémorent-ils le Prophète (sa) ? Et en quoi celui qui mange fait-il honneur au Prophète ?
d. Une fête fatimide
Celui qui se penche sur l’origine de cette fête s’apercevra qu’elle date de l’époque fatimide lorsque la dynastie régnait sur l’Egypte entre les Xème et XIIème s. Les Fatimides étaient chiites de rite Ismaélien (duodécimain – ceux qui revendiquent l’infaillibilité de douze imams dont le dernier avait disparu et qu’ils attendent encore…), cette doctrine déviante et pleine de superstitions, ce qui revient à dire que le Mawlid est une fête chiite sans aucun fondement ni lien quelconque avec l’islam.
En conclusion, la célébration de la naissance du Prophète (sa) –le Mawlid Nabawi – remet en question la perfection de la religion d’Allah et donc du message du Prophète (sa) auquel il est censé rendre hommage. Du fait qu’il n’a pas été institué par Allah ou par Son Envoyé (sa), et que ni l’entourage le plus proche, ni les compagnons ou les successeurs dans la voie droite ne l’ont pratiqué, et au vu de tous les aspects néfastes et des contradictions qui l’entourent comme son origine, sa forme, ou l’incertitude de la date de naissance du Prophète (sa), il apparait clairement qu’il s’agit d’une innovation qui, à ce titre, doit être blâmée et évitée.
Qu’Allah nous pardonne nos erreurs et fasse que Ses serviteurs reviennent à Lui repentant. Et que la paix, les bénédictions et les meilleures louanges soient accordées au Prophète, ses épouses, ses compagnons et à tous ceux qui les auront suivis dans la voie du bien.
Maxime Loustan



