L’augure, le mois de Safar et l’optimisme

Au nom d’Allah le Tout-Miséricordieux, Trés-Miséricordieux,

Louange à Allah le Seigneur des Mondes, la fin heureuse est résérvée aux pieux et point d’inimitié sauf pour les injustes.

Je témoigne qu’il n’y a de divinité digne de l’adoration en dehors d’Allah, L’Unique, l’Eternel qui se suffit à Lui-même, le Sublime, l’Elevé, le Puissant, le Pardonneur. Et je témoigne que Muhammad est Son envoyé et Son serviteur.

Ô Allah, accorde-lui Tes grâces et Tes éloges auprès de tous Tes serviteurs, ainsi qu’à sa famille, ses compagnons et à ceux qui les auront suivis dans la meilleure des voies.


Le Prophète (sa) a dit : « Pas de contagion, ni d’augure, ni d’oiseau de mauvais augure, et point de Safar.» (Bukhâri, Muslim)

1.       L’augure :

Du point de vue linguistique, l’augure désigne une forme de superstition qui se base sur le mouvement des oiseaux. Selon la direction que choisit l’oiseau, la personne prendra sa décision dans une affaire, se réjouira ou s’attristera. En conséquence, soit elle tentera de concrétiser son projet, soit elle l’annulera ou bien le remettra à plus tard, et ceci car elle voit dans cet oiseau un signe de bien ou de mal, ce qui lui procure un sentiment d’optimisme ou de pessimisme. Elle décide donc de ses actes en fonction d’un résultat aléatoire.

L’augure se présente, en réalité, sous des formes diverses et variées, car ce terme regroupe tout fait dans lequel on voit un signe présageant d’un bonheur ou d’un malheur.  En effet, le Prophète a défini l’augure, comme le rapporte al-Fadhl ibn al-cAbbâs (ra), en disant : « L’augure, c’est ce qui t’encourage à mener à bien ton projet ou t’en dissuade. » (Ahmad) Ainsi, la personne fait ses choix uniquement en fonction d’un élément qu’elle suppose annoncer le malheur ou le bonheur, parfois même, qu’elle croit être la cause directe de ce bonheur ou de ce malheur. D’ailleurs, ces considérations mènent les gens, dans la plupart des cas, si ce n’est dans tous les cas, au renoncement et au pessimisme car il s’agit pour eux généralement d’une annonce de malheur. Il suffit de réfléchir un instant pour se rendre compte combien ce phénomène est répandu, ainsi on verra que les croyances populaires sont truffées de ces suppositions qui contredisent le monothéisme pur et qui mènent la personne tout droit à sa perte. À titre d’exemple, citons le vendredi 13, le chat noir, le parapluie ouvert dans un appartement, le pain retourné, les corbeaux qui croassent près de la maison, etc., des croyances païennes qui partent toutes du même principe et n’ont d’autre effet que de causer désarroi et tracas dans le cœur des hommes, de les détourner de leurs buts, de leur adoration et d’entacher leur Tawhîd (Monothéisme). Or, Rien ne peut nous être profitable ou nuisible si ce n’est par la volonté du Tout-Puissant, Allah, Celui par lequel proviennent le profit et la nuisance (Ad-Dârr wa n-Nâfic). Mais le mal n’émane jamais d’Allah, quand bien même il s’agirait d’un mal en apparence, car les actes d’Allah sont soit un bien en eux-mêmes soit pour le bien qui en découle, le Prophète (sa) a dit : « Tout le bien est entre Tes Mains, quant au mal, il ne T’est pas attribué. » (Muslim)

2.       Le danger de l’augure :

D’après Ibn cAmr (ra), le Prophète (sa) a dit : « Celui qui se laisse détourner de son but par l’augure a commis un acte de polythéisme. » On lui demanda : «  Quelle en est alors l’expiation ? Il répondit : « C’est de dire : « Ô Allah ! Point de bien à part celui que Tu décrètes, et point d’augure à part ce que Tu décrètes, et point de divinité digne de l’adoration si ce n’est Toi. » » (Ahmad)

اللهم لا خير إلا خيرك ولا طير إلا طيرك ولا إله غيرك

Le terme « augure » (at-Tatayyur), dans son emploi islamique, renvoie à toute chose qui provoque le pessimisme chez une personne, que ce soit en voyant quelque chose (comme un animal effrayant, souvent un oiseau), en entendant une parole (comme quelqu’un qui se raviserait en entendant un autre dire : « Quel malheur ! » « Tu cours à ta perte ! » « Ceci ne présage rien de bon ! » juste à travers des suppositions douteuses), ou encore à travers une chose réputée pour son mal comme la venue d’un mois ou d’un jour, etc. Son sens conventionnel religieux est donc plus large que le sens linguistique, ce qui est assez rare.

Lorsqu’un croyant avance ou recule, choisit de faire ou de s’abstenir, d’aller à droite ou à gauche en fonction de ces considérations, il commet un acte de polythéisme. Mais il faut distinguer deux cas : s’il considère cet évènement ou ce phénomène simplement comme un signe de la part d’Allah ou une cause de bien ou de mal par la volonté d’Allah, alors il aura commis un acte de polythéisme mineur qui ne fait pas sortir de la religion. Mais s’il croit que ce phénomène est lui-même capable d’apporter des faveurs ou des malheurs sans l’action d’Allah, il aura alors commis un acte de polythéisme majeur qui le fait sortir de la religion, annulant sa foi en l’unicité divine puisqu’il aura associé à Allah une autre divinité capable d’apporter le bien ou le mal. Il devra alors s’en repentir s’il veut être pardonné.

En quoi l’augure est du polythéisme ?

L’augure constitue du polythéisme car c’est une croyance qui associe à Allah dans Sa Création, dans Sa Royauté et Son Administration de l’Univers en rattachant des évènements à des causes qui n’en sont pas. Ensuite, il contredit également le Tawhîd car le cœur s’attache à des illusions et la confiance est détournée d’Allah pour être mise dans ces choses qui n’ont aucun pouvoir. La personne s’en remet à un autre qu’Allah comme si ces choses avaient le Commandement, que ce soit pour obtenir un bien ou éviter un mal. Or, le Tawakkul (la confiance en Allah) est une adoration du cœur et l’adoration ne doit être orientée qu’en direction d’Allah sans associé. La croyance en l’augure ou autres superstitions contredit donc la perfection du monothéisme ou, pire encore, le monothéisme dans son entièreté. En outre, on peut y voir une forme de négation de la croyance en la prédestination.

Ainsi, l’augure contredit le monothéisme à deux niveaux, d’une part, la personne se détourne d’Allah, ne place plus sa confiance en Lui, et s’en remet à autrui. D’autre part, elle se rattache à une chose qui est totalement sans fondement et qui est même de l’ordre de l’imagination, du mythe, de la superstition.

Ce pessimisme infondé a des répercussions désastreuses sur les personnes qui en sont victimes, notamment car elles ouvrent la porte au polythéisme et le font rentrer dans leur cœur. En effet, soit elles laissent tomber leur projet, ce qui prouvera qu’elles auront porté foi en ces mensonges, ce qui constitue un grave péché, soit elles continuent leur chemin, mais tout en restant prudentes, de peur d’être atteintes malgré tout d’un mal, et ceci prouvera également qu’elles auront été affectées dans leur cœur, ce qui constitue un péché mais de moindre importance que le premier.

Ces conceptions sont exactement celles qui vinrent à l’esprit du peuple auquel Moïse – (Mûsâ) (as) – fut envoyé, lorsqu’ils subissaient un préjudice ou un malheur, ils l’imputaient à Mûsâ (as) et ses partisans, Allah nous dit à leur sujet : {Un bienfait leur arrivait-il, ils disaient : «Cela nous est dû !» , mais quand un malheur les frappait, ils qualifiaient Moïse et ses compagnons d’oiseaux de mauvais augure, alors que leur sort dépendait uniquement de leur Seigneur. Mais la plupart d’entre eux ne s’en doutaient guère.} (Sourate al-Acrâf, 7 : 131) Evidemment, les malheurs qui les touchaient n’avaient aucun lien d’aucune sorte avec Mûsâ (as) et ses adeptes, ils émanaient, en vérité, uniquement de l’ordre d’Allah et de Son décret. Au contraire, la venue de Mûsâ (as) était plutôt bon signe puisqu’il était envoyé par Allah pour apporter la bonne parole et annoncer la bonne nouvelle aux croyants. Son message n’était qu’encouragement au bien et à l’action pour le bien-être des hommes, il apportait optimisme et chaleur dans le cœur des gens. Et l’optimisme est un bien, cUrwah Ibn cÂmir (ra) raconte, à ce propos, que les augures furent cités en présence du Prophète (sa) qui dit :

« Le meilleur des augures est l’optimisme. Et l’augure ne dissuade pas le musulman (de mener ses projets à bien). Si l’un d’entre vous assiste à un évènement qu’il répugne qu’il dise donc :

اللهم لا يأتي بالحسنات إلا أنت ولا يدفع السيئات إلا أنت ولا حول ولا قوة إلا بك

« Ô Allah ! Personne n’apporte d’évènement heureux autre que Toi, et personne ne repousse les malheurs autre que Toi, et nous ne tirons notre force et notre puissance que de Toi. » » (Abû Dâwûd)

3.       La bonne opinion d’Allah

En somme, le monothéisme pur nous appelle à faire preuve d’optimisme, à s’encourager mutuellement aux bonnes œuvres, et à ne pas se laisser prendre au piège des suppositions mensongères et des illusions. Ainsi, l’optimisme n’est pas une forme d’augure mais il s’y apparente dans ce sens qu’il pousse à agir, tout comme l’augure peut susciter un enthousiasme, bien qu’en général il soit plutôt une cause de désespoir. Or, le croyant ne désespère jamais car il sait qu’il a un Seigneur qui veille sur lui, qui le protège et que tout ce qui lui arrive ne se fait que par la permission d’Allah,  cette pensée devient alors une véritable force qui l’anime et le pousse à agir dans le bien sans craindre ni blâme, ni préjudice.

{Dis-leur : «Rien ne nous atteindra, en dehors de ce que Allah nous a déjà prescrit. Il est notre Maître ! Et c’est en Lui que les croyants doivent mettre leur confiance !» } (Sourate Le Repentir, at-Tawba, 9 : 51)

À l’aune de ce qui précède, nous comprenons le sens de la parole prophétique rapportée par Anas (ra) : « Point de contagion (cAdwâ), ni d’augure (Tiyara). En revanche, l’optimisme me plaît. » Les Compagnons interrogèrent le Prophète (sa) : « Qu’est-ce que l’optimisme ? » Le Prophète (sa) répondit : « Il s’agit de la bonne parole ». (Bukhâri, Muslim)

عَنْ أَنَسِ بْنِ مَالِكٍ رَضِيَ اللَّهُ عَنْهُ عَنْ النَّبِيِّ صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ قَال : لا عَدْوَى وَلا طِيَرَةَ وَيُعْجِبُنِي الْفَأْلُ قَالُوا وَمَا الْفَأْلُ قَالَ كَلِمَةٌ طَيِّبَةٌ

La bonne parole est celle qui encourage aux bonnes œuvres et à l’adoration, elle est donc de ce point de vue acceptable et même louable, car elle relie le serviteur à l’espoir et l’espérance en Allah, en Sa récompense, Sa miséricorde, Sa faveur, elle renforce le croyant dans ses convictions et dans sa bonne opinion de son Seigneur. Et ceci est l’opposé de l’augure qui freine et retient car il donne au serviteur une mauvaise opinion d’Allah, un désespoir en Sa miséricorde et Sa magnanimité, pourtant Allah dit : {et ne désespérez point de la miséricorde d’Allah, car seuls les négateurs désespèrent de la bonté divine !} (Sourate Joseph, Yûsuf, 12 : 87)

En outre, il n’y a point de contagion qui n’agisse d’elle-même, ni d’augure qui n’ait d’effet ou qui ne soit le signe d’un quelconque évènement. On retrouve cette idée également dans le hadith d’Abû Hurayra (ra), qui rapporte que le Prophète (sa) a dit : « Pas de contagion, ni d’augure, ni d’oiseau de mauvais augure, et point de Safar.» (Bukhâri, Muslim) Dans la version de Muslim, on trouve cet ajout : « Point d’astre, ni de goule à craindre. » La négation n’est pas faite au niveau de l’existence de ces choses mais sur leur capacité à agir d’elles-mêmes ou à agir d’une quelconque manière.

Ainsi, la contagion existe bel et bien mais n’agit pas par elle-même et ceci est prouvé par les textes comme par l’expérience. Un jour, le Prophète (sa) a dit : « Il n’y a pas de contagion ». Un homme lui a rétorqué : « Pourtant, ô Messager d’Allah, les chameaux sont frais et pleins de santé tels des antilopes jusqu’à ce qu’un chameau galeux les côtoie alors ils deviennent galeux à leur tour. » Le Messager d’Allah (sa) répondit alors : « Et qui a contaminé le premier chameau ? » (Bukhâri). Le Prophète (sa) montrait ainsi à ce bédouin que le premier à transmettre la maladie avait été lui-même contaminé sans cause apparente. D’ailleurs, il arrive parfois que, même dans des conditions favorables à la propagation de la maladie, certains en ressortent indemnes car ceci ne peut agir que par la permission d’Allah.

4.       Allah a décrété des causes génératrices du mal

D’autre part, les seules causes véritables qui peuvent engendrer le mal sont les péchés, la désobéissance et l’éloignement des injonctions divines, mais cela se fait en toute justice de la part d’Allah et par prédestination et décret émanant de Son immense sagesse, le serviteur est responsable de ses actes et de ses choix seulement par une volonté d’Allah de laisser un certain libre-arbitre à Ses serviteurs et si ce n’était la grâce d’Allah nous aurions déjà péri, Allah dit :

{Tout malheur qui vous frappe ne peut être que le fruit de vos propres œuvres. Cependant, Allah vous pardonne bien des fautes.} (Sourate La Délibération, ash-Shûrâ, 42 : 30)

Enfin, seuls les négateurs et les mécréants refusent d’assumer leur responsabilité quant à leurs actes, ils s’opposent au décret divin et rejettent le message des Prophètes et c’est cela qui les conduit véritablement à la perdition et au malheur. C’est pourquoi, lorsque les apôtres de Jésus – (cÎsâ) (as) – furent envoyés à la cité d’Antioche pour appeler au message d’Allah et à Son unicité, ils rencontrèrent la même opposition farouche, accompagnée du même reproche que celui fait à Mûsâ (as), cet évènement nous est relaté dans le Sourate Yâ Sîn :

{Propose-leur comme exemple les habitants de cette cité, auxquels furent dépêchés des envoyés ● Nous leur en envoyâmes d’abord deux, mais ils les traitèrent d’imposteurs. Nous les renforçâmes alors par un troisième. Et tous les trois leur dirent : «Nous sommes envoyés vers vous !» ● – «Vous n’êtes que des mortels comme nous, s’écrièrent les gens de la cité. Le Miséricordieux n’a rien révélé. Vous n’êtes que des menteurs !» ● – «Notre Seigneur, répliquèrent les messagers, sait, Lui, que nous sommes envoyés vers vous. ● Et notre mission consiste uniquement à transmettre en toute clarté le Message.» ● – «Votre venue, reprirent les gens de la cité, nous fait augurer un mauvais présage ! Si vous ne cessez pas vos prêches, nous vous lapiderons et vous ferons subir un affreux supplice.» ● – «S’il y a mauvais présage, répondirent les envoyés, il est en vous-mêmes. Est-il possible qu’un simple rappel vous irrite à ce point? Vous êtes vraiment des gens portés à l’excès !»} (Sourate Yâ Sîn, 36 : 13-19)

En conséquence, nous devons savoir que rien dans ce bas-monde n’a d’effet par lui-même et que tout est du ressort d’Allah le Très-Haut, nous devons croire que rien n’agit par lui-même, ni en bien, ni en mal, même quand il s’agit d’une cause avérée par les textes authentiques du Coran et de la Sunna ou d’une cause tangible. Cependant, il est autorisé de relier un évènement à une cause particulière lorsqu’il y a une preuve évidente tout en gardant à l’esprit que le véritable Causateur reste Allah et qu’Il a décrété l’arrivée de cet évènement de par Sa volonté universelle.

5.       Le croyant fait les causes tout en remettant son sort à Allah

Dans le même temps, le Prophète (sa) met en évidence le devoir du croyant de faire son possible pour faire les causes qui sont en son pouvoir pour éviter les maux tout en sachant que ce qui lui arrivera ne sera que l’accomplissement de son destin, il dit :

« Il n’y a pas de contagion, ni d’augure, ni de Hâma, ni de Safar, mais fuyez le lépreux comme vous fuyez devant le lion. » (Bukhâri)

Al-Hâma peut être envisagé sous deux aspects :

-          Il s’agit d’un oiseau qui s’apparente à l’hibou ou à la chouette. Les Arabes croyaient que si une personne avait été tuée, ses os se reformaient, ou bien son âme se réincarnait, devenant un oiseau de malheur qui cherche à se venger.

-          Il s’agit de l’oiseau appelé « Effraie commune » que les gens prenaient pour un oiseau de mauvais augure. Ainsi, lorsqu’elle se posait sur la maison de l’un d’entre eux et picorait, elle venait annoncer la mort.

Le mois de Safar, lui aussi ne peut être nié, tout comme on ne peut nier l’existence d’augures, cependant, il ne faut leur attribuer aucun effet particulier. Le mois de Safar ne porte pas malheur, il est soumis comme les autres mois à l’ordre d’Allah, il peut apporter le bien comme le mal selon la décision d’Allah Seul. Les Arabes de la Jâhiliyya croyaient en effet que c’était un mois qui apportaient le malheur alors ils se privaient d’y concrétiser certains de leurs projets, notamment le mariage. Ils redoutaient ce mois peut-être plus que la peste et ceci constitue une forme de polythéisme mineur.

Aussi, lorsque le croyant est sujet à ce genre de superstitions ou de suppositions, il doit revenir à Allah, son Créateur, son Protecteur, son Administrateur, Celui qui pourvoit à ses besoins et le Seul par qui vient tout bien ou tout mal. Il ne doit pas se laisser envahir par le doute et les insufflations du démon, mais remettre sa pleine confiance en son Seigneur car s’il cherche un autre protecteur qu’Allah, il finira certainement déçu et perdant.

اللهم لا يأتي بالحسنات إلا أنت ولا يدفع السيئات إلا أنت ولا حول ولا قوة إلا بك

« Ô Allah ! Personne n’apporte d’évènement heureux autre que Toi, et personne ne repousse les malheurs autre que Toi, et nous ne tirons notre force et notre puissance que de Toi. »

Maxime Loustan